Al-jihad Akbar (Contre les mauvais penchants de l'âme)

Le Prophète (B et S), de retour d'une campagne contre les polythéistes dit : « Nous sommes de retour du petit jihâd vers le grand jihâd». « Quel est le grand jihâd lui demandèrent les compagnons - C'est le jihâd de l'âme et des passions ».

En effet, l'âme est l'ennemi le plus dangereux de l'homme, elle peut être dominée par les mauvais penchants; c'est alors la perdition pour l'éternité. C'est pourquoi, celui qui réussit à sauver son âme des vices sera sauvé pour toujours et comptera parmi les Elus de Dieu. Aussi le Très Haut en a t-il fait une obligation personnelle pour tout musulman à tout instant.

Ainsi, le « jihâd » (ou guerre sainte) est un des piliers de l'islam après la croyance en Dieu et au Prophète, la prière canonique, l'aumône légale, le jeûne et le pèlerinage à la Mecque.

Exotériquement, le « jihâd » signifie le droit et éventuellement le devoir de défendre la Vérité. Esotériquement, il devient la lutte contre les ténèbres passionnelles et mentales. C'est un devoir de vaincre le culte du monde et du moi afin de s'intégrer dans le règne de la Paix (Dar el salam).

L'âme (nafs) est l'ensemble des tendances de l'être qui s'opposent à la réalisation spirituelle comprenant les traits défectueux (malûlah) de la créature, ses caractères et ses actes blâmables. C'est traits défectueux sont de deux sortes : ceux qui sont acquis comme les désobéissances et les luttes qui s'opposent à la norme ; les autres, qui sont les caractères innés de la nature inférieure, ainsi l'orgueil, la colère, la haine, l'envie, le mauvais caractère, le peu de tolérance, etc. La plus forte et la plus difficile à maîtriser des tendances (akhâm) de l'âme est sa propension à croire qu'il y a en elle quelque chose de bon ou qu'elle est signe de considération ; et c'est pourquoi cela est considéré comme un « chirk » (c'est à dire le fait d'associer quelque chose à Dieu).

Au contraire, l'esprit (rûh) est le siège des caractères louables. Alors que l'âme est mise en rapport avec Satan, l'esprit, au contraire, est mis en rapport avec les anges.

Ainsi, la lutte contre la nafs (ou la grande guerre sainte) doit être conduire à la « mort de la nafs », qui est l'intégration des éléments psychiques à leur place normale ainsi que leur transformation (non leur destruction).

Le « jihâd » de l'âme consiste donc à se détacher du monde par l'ascétisme et à se libérer des passions par la purification du cœur en vue de la connaissance de Dieu.

Nous rendrons compte du « jihâd » en traitant successivement de l'ascèse et de la purification du cœur.