La doctrine Tidjaniyya

Il s’agit de donner au lecteur une esquisse de quelques aspects de la doctrine Tidjâniyya, qui est le fruit de la vision spirituelles des voyants et des sages qui, ayant atteint l’état d’intégration de leur être, ont pu avoir une vision de l’entier ; et par suite, devenir le moyen de conduire d’autres hommes à cette entièreté. La doctrine se trouve au début et à la fin de vie spirituelle.

On ne saurait trop souligner l’importance de la doctrine à notre époque où les ambiguïtés et les pièges intellectuels qui caractérisent la pensée moderne constituent le plus grand obstacle à l’intégration du mental.

Le caractère essentiel de la doctrine tidjâniyya réside dans sa simplicité et son libéralisme : il n’y a pas de pénitence austère ni de retraite prolongée ; un rituel remarquablement simple, approprié à toutes les intelligences et des obligations peu rigoureuses.

Par contre, ses prescriptions sont concises et n’admettent point de négligence : ses adeptes ne doivent reconnaître et suivre qu’un maître. Cet exclusivisme fait de la voie tidjâniyya une confrérie seigneuriale avec des dignitaires représentant le Prophète et liés à leurs maîtres par un engagement qu’ils ne sauraient enfreindre.

La doctrine tidjâniyya est basée sur les principes fondamentaux de l’islam ; elle représente essentiellement les enseignements du Coran  et du Prophète et englobe les exposés oraux et écrits du Vénéré maitre de la tariqah Cheikh Ahmad Tidjâni (Que Dieu sanctifie son âme !) ainsi que ceux des Maîtres spirituels soufi faisant autorité.
                                                                                                               
Les maîtres authentiques sont en effet comme les « langues » du Prophète, initiant à toutes les époques l’élite spirituelle aux mystères de la « sagesse divine » (al-hikmat al-ilâhiya) dont découlent la métaphysique, la cosmogonie et la psychologie traditionnelles.

Toute la doctrine tidjâniyya se ramène en derrière analyse à la notion d’Allâh, à l’idée d’Unité de Dieu, qui est le centre de la doctrine, car la confession de l’Unité de Dieu n’est pas seulement une confession sans plus pour le tidjanisme, mais représente aussi un rang spirituel des élevés.

A cette idée se rattache celle de l’origine divine de l’homme qui peut se résumer dans l’idée que l’homme a été créé à l’image de Dieu et que, par suite, il est perfectible malgré les apparences.

De même Dieu a créé les mondes (régions cosmiques) par Son verbe (« Kun »). Ces mondes que le pèlerin doit traverser sont au nombre de trois : le premier est le « mulk » qui est celui de la vision sensible ; le deuxième est la « malakût » qui est au-delà du « moi » ; le troisième est celui de la « jabarût », qui se situe entre celui du mulk et celui de la malakût.